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1894 /1956

Sidi Mohamed ben Youssef

18 Novembre  1927
Intronisation de Sa Majesté sidi Mohammed ben Youssef à l'âge de 18 ans. Sous son règne le Maroc s'est engagé à une bataille décisive pour l'indépendance et  l'éducation fut son cheval de bataille. Effectivement, il ne pouvait admettre qu'une puissance étangère, minoritaire de surcroît, dicte sa conduite au peuple marocain maintenu dans l'ignorance.
Il réorganisa la fameuse Université de Karaouyine à Fès où était formé les cadres administrateurs. Durant son régne, il inaugura aussi un réseau gratuit d'écoles Coranique.

9 Juillet 1929
Naissance de Sa Majesté  Hassan II
1930 : Des manifestations éclatent contre le projet français de séparer, sur le plan juridique, Arabes et Berbères, ce qui porterait un coup fatal à l’unité nationale marocaine. Devant l’hostilité du sultan et de l’opinion, le projet est abandonné en 1934.
Le Dahur berbére
(  Voir  le Dahir Berère : 16 Mai 1930 )
1934 : Le sultan Sidi Mohammed accompagné du jeune prince Moulay Hassan rend visite à Lyautey dans sa résidence de Thorey. Le jeune souverain ne connaissait que très peu Lyautey, mais il avait une grande admiration pour lui.
Lyautey mourut quelques semaines plus tard le 27 juillet 1934, Lyautey fut enseveli à Rabat. En 1961, sa dépouille sera ramenée en France pour être déposée à l'Hôtel des Invalides.
1935 :  Le gouvernement Français veut que l'administration du protectorat soit détachée auprès du ministère de la France d'Outre Mer et non plus du Ministère des Affaires Etrangères.
Cette fois-ci, le sultan Sidi Mohammed réagit vivement et voit là une manœuvre d'annexion du Maroc. Il obtient que cette mesure soit rapportée.
L'année 1935 marque le début de trois années terribles pour la population notamment dans les zones rurales, en raison de la sécheresse qui frappe le pays.
8 octobre 1936 : Nomination d’un nouveau résident général au Maroc, le général Noguès. Sidi Mohammed ben Youssef lui fait part de la désapprobation du peuple marocain. Le Sultan et le Résident général Nogues entretiendront de bonnes relations franches mais courtoises.
Fèvrier 1937 : Trois ans à peine après sa création, scission de l'Action Marocaine : Ouazzani fonde le mouvement populaire qui deviendra après la guerre 39-45 le parti démocratique de l'indépendance (PDI) tandis qu'Allal Al Fassi créé le parti National le 23 juillet 1937, parti pour le triomphe des réformes, qui se transformera en parti de l'Istiqlal
Dans le Maghreb, la même recomposition politique des mouvements nationalistes a lieu : en Algérie, dissolution de l'Etoile Africaine et création du parti du peuple Algérien de Messali Hadj et en Tunisie, c'est Bourguiba qui fait scission au sein du parti Destour .
1937 :
La politique instaurée par le gouvernement de Gauche du Front Populaire ne répond pas aux attentes des nationalistes marocains. Après une période d'agitation politique et des troubles dans tout le Maroc, le gouvernement Français décide d'exiler Allal El Fassi et Ouazzani qu'ils tiennent pour les principaux responsables de ces agitations.
Ouazzani sera envoyé au Sahara, tandis que Allal Al Fassi sera déporté au Gabon d'où il ne reviendra qu'en 1943, pour fonder le parti de l'Istiqlal.
septembre 1939 :Après le déclenchement de la seconde guerre mondiale, le Sultan Mohammed Ben Youssef lance un appel dans les mosquées et demande au peuple Marocain de soutenir la France, engagée dans la deuxième guerre mondiale.
Le Sultan Mohammed Ben Youssef refuse l'application des lois anti-juives de Vichy à ses sujets Marocains de religion israélite.
A l'annonce de l'armistice de 1940, il prend immédiatement position et prononce ces paroles d'espoir et de confiance : "Si la France était un petit pays de cinq ou six villes, si l'histoire du peuple français ne datait que d'une cinquantaine d'années, nous aurions des craintes justifiées pour votre avenir, mais votre pays étant l'immense et riche France que je connais si bien et l'histoire du peuple français étant cette histoire qui force l'admiration, ce serait un crime que de douter des destinées de la France".
IL avait eu une attitude courageuse , en protestant  contre l’application, dans son pays, à ses sujets israélites, d’un Statut des Juifs calqué sur celui adopté, en métropole, le 3 octobre 1940. La participation de nombreux goumiers et tabors aux campagnes d’Italie et de Provence lui avait valu d’être compté au nombre des Compagnons de la Libération par le général de Gaule .





L'ENGAGEMENT DU MAROC AUX COTES DE LA FRANCE DANS LA SECONDE GUERRE MONDIALE
De son côté, le Maroc est toujours sous le régime du Protectorat français, depuis 1912. Au regard des relations franco-marocaines et de ses aspirations démocratiques, Sidi Mohammed ben Youssef (futur Roi Mohammed V), Sultan du Maroc depuis 1927, exprime alors son soutien inconditionnel et total à la France contre l'Allemagne nazie. Dans un discours, en date du 3 septembre 1939, lu dans toutes les mosquées du pays les jours suivants, il invite la nation marocaine « à soutenir le peuple français ami face au danger commun » : « (…) A partir de ce jour et jusqu'à ce que l'étendard de la France et de ses alliés soit couronné de gloire, nous lui devons un concours sans réserve, ne lui marchander aucune de nos ressources et ne reculer devant aucun sacrifice. Nous étions liés à elle dans les temps de tranquillité et d'opulence et il est juste que nous soyons à ses côtés dans l'épreuve qu'elle traverse (...) ».Cet appel bénéficie d'une large adhésion des différentes couches sociales du pays, comme le reflètent les nombreux discours, articles de presse, déclarations et lettres de cette époque. Dans le journal arabophone Assâada du 9 septembre 1939, on peut lire par exemple cette lettre des notables de Fès, dont voici un extrait : « (...) en ces temps difficiles où le monde se doit de faire triompher la démocratie et ne ménager aucun effort pour la défense de son honneur et de ses principes, le Maroc se dresse pour dire à la République française qu'il ne connaît d'autre doctrine respectable que celle de la démocratie effective (...) Sire, si vous notre Sultan et notre Imam, avez proclamé votre soutien à la France, nous, qui sommes vos sujets, vous exprimons notre dévouement le plus grand. » Dans de nombreuses villes du Royaume, à l'exemple des notables de Fès, qui joignent le geste à la parole, des souscriptions sont lancées pour soutenir l'effort de guerre de la France. Même le mouvement nationaliste marocain, opposé depuis le début des années 1930 aux dérives du Protectorat qui ne respecte pas à la lettre le traité de Fès de 1912, cesse temporairement ses activités et proclame sa solidarité avec la France.Cette symbiose entre le peuple et son Sultan donne à l'engagement du Maroc, aux côtés des Alliés (France et Royaume-Uni), une signification très forte. Il en résulte un attachement profond des forces vives de la nation marocaine au combat pour la liberté et le respect de la dignité humaine…
Le Maroc a largement contribuè aux cotès des Alliès et aussi a aidè la France occupèe
Et aussi par l'enrolement des combatants marocains dans l'armèe française :Avant septembre 1939, l'armée française comptait déjà dans ses rangs 38 000 soldats originaires du Maroc. Mais la déclaration de guerre exige d'enrôler de nouveaux combattants marocains, pour renforcer les unités existantes et en créer de nouvelles.
Ces soldats,  majoritairement d'origine rurale, sont recrutés sur l'ensemble de l’Empire chérifien. Mais ce sont les régions du Moyen Atlas et secondairement du Haut Atlas, qui fournissent les contingents les plus importants, avec plus de 60 % des effectifs engagés. Offrant de fortes densités humaines, ces montagnes sont peuplées de nombreuses tribus berbères, aux noms caractéristiques. Par exemple, Aït Tserrouchen, Zaïan, Aït Youssi, Zemmour, Marmoucha dans le Moyen Atlas ; Aït Ouirra,  Le 3 septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre au IIIe Reich nazi, en réponse à son attaque contre la Pologne deux jours plus tôt. C'est le début de la Deuxième Guerre mondiale en Europe.

Aït Zeneb, Asqaouene, Aït Ouaouzguite dans le Haut Atlas. Ces tribus présentent de hautes et séculaires traditions guerrières, forgées par une histoire tumultueuse et une vie rustique, où les armes à feu sont le quotidien du gardiennage des troupeaux et des longues parties de chasse en montagne.

La position de Sidi Mohamed apparait comme dèlicate. Il doit à la fois exprimer les dèsirs du peuple marocain et assurer l'avenir du pays mais aussi garder avec la France le contact qu'il juge nécessaire à l'évolution future du Maroc.
La diversité des autorités françaises rend ainsi la situation complexe, en particulier à partir du débarquement américain de novembre 1942. Il doit à la fois composer avec le gouvernement de Vichy et dialoguer avec Darlan à Alger et avec la France Libre du général de Gaulle.


Dèbarquement des americains au Maroc

Participant aux conférences d'Anfa et de Casablanca, le président Roosevelt lui promettant l'indépendance, il prend conscience de l'ouverture au monde qu'une place dans le camp des vainqueurs pourrait lui offrir.


Franklin D. Roosevelt, Churchill, Giraud, et DeGaulle à Casablanca (24 janvier 1943).    S.M Mohammed V, le président Roosevelt et Churchill.



Le général américain Patton reçu par le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, en janvier 1943 à Rabat

Le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef rencontre le général de Gaulle avec le prince moulay Hassan ( futur Hassan II )


  

 le journal LE PETIT MAROCAIN parle de la confèrence d'Anfa ( 27 / 1 / 1943 )
Mais les années 1943-1944 voient l'accélération des mouvements nationalistes, en particulier l'Istiqlal. Des tensions surviennent. En avril 1943, le Sultan suggère au gouvernement français, comme prélude à l'indépendance, un protectorat conjoint des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la France et, peut être, de l'Espagne, les Français n'étant plus en mesure d'assurer la protection du Maroc, ce qui rend, selon lui, caduc le traité de 1912. Les partis de l'indépendance apparaissent, accompagnés de manifestations. Elles tournent à l'émeute le 28 janvier 1944. Ahmed Balafredj, chef de l'Istiqlal, est arrêté. Ce même jour, après l'échec des remèdes proposés par le général Catroux, le Comité Français de Libération Nationale refuse de voir mis en cause le traité de protectorat.Sidi Mohamed renonce alors, momentanément, à toutes velléités d'indépendance, moyennant la promesse de réformes hardies.
11 Janvier  1944  
Présentation du Manifeste de l'Indépendance, demandant la reconnaissance de l'Indépendance du Maroc et de son intégrité territoriale et sa souveraineté nationale conduite par sa Majesté sidi Mohamed ben Youssef  . La réponse de la Résidence fut une forte pression sur Sa Majesté le Sultan pour qu'il se démarque de l’idée de l’indépendance, et le lancement d'une série d’arrestations de nationalistes. Le 28 janvier de la même année, une large vague d'arrestation a frappé les rangs du Parti de l'Istiqlal et a notamment conduit à l'emprisonnement de son Secrétaire général, feu Ahmed Balafrej. Des vagues de soulèvements et de manifestations se sont soldées par de nombreuses victimes, en particulier dans les villes de Fès, de Rabat ou de Salé; et de nombreux résistants furent traduits devant le tribunal militaire pour atteindre à l'ordre public et furent mis à mort.
67 personnes ont signé ce manifeste. Tous font parti du panthéon marocain : grands résistants avant l'indépendance, les signataires sont devenu ensuite les symboles du Maroc libre et les hommes clés de la construction du nouveau Maroc. Il faut noter que Malika El Fassi était la seule femme signataire dudit manifeste.
Les signataires du Manifeste de l'Indèpendance
Ahmed Mekouar, El Hassan Bouayad, El Hachmi El Filali, Ahmed Balafrej, El Hassan Benjelloun, Abdelaziz Ben Driss, Mohamed Soudi, Ahmed Ben Della, El Aïssaoui El Mestassi, Abdelkbir Ben Mehdi El Fassi, Ahmed Benchekroun El Meknassi, Bouchta El Jamaï, Mohamed Ben Abderrahmane Saâdani, Mohamed Ben Jilani Bennani, Abdeslam El Mestari, Abdellah Benbrahim, Mohamed Lyazidi, Aboubakr El Kadiri, Mohamed Ghazi, Kacem Ben Abdeljalil, Mohamed Bouâmrani, Abderrahim Bouabid, Tahar Ben El Fqih Abi Bakr Zniber, Messaoud Echiguer, Omar Ben Abdeljalil, Ahmed Lyazidi, Abdellah Regragui, Abdeljalil El Kabbaj, Ahmed Cherkaoui, Mehdi Ben Barka,Taib Aouad, Boubker Sbihi, Abdelkrim Benjelloun, Abdelwahab El Fassi, Seddick Benlarbi, Kacem Zhairi, Mohamed El Bakkali, Ahmed El Mandjra, Abdelkader Hassan, Jilani Bennani, El Hafiane Cherkaoui, Si Brick Ben Ahmed, El Houssine Benabdellah El Warzazi, Mohamed El Fassi, Mohamed Ben El Khadr, Malika El Fassi, Mohamed Diouri, Mohamed El Hamdaoui, Bennacer Ben Haj Larbi, Mohamed Benazzou, Haj Othmane Jorio, Mohamed Zeghari, Ahmed El Hamiani, Ahmed Bahnini, Mohamed El Ghzaoui, Abdelhadi Sqali, Omar Benchemssi, Abdelkbir Fassi Fehri Ben Hfid, Driss M’hammedi, Ahmed Ben Bouchta, Abdelhamid Ben Moulay Ahmed, Abdellah Benomar, Omar Ou Benasser, Mohamed Benlarbi Alami, Mohamed El Jazouli, Haj Mohamed Rifaï, Mohamed El Fatimi El Fassi
La permanence du sens historique est loin d’être acquise aujourd’hui, même après 61 ans! Il n’y a pas une seule légitimité mais plusieurs. Parce qu’il y a eu un manifeste le 18 décembre 1942, puis un autre le 13 janvier 1944, rédigé par le parti de Ouazzani. “On en reparle depuis ces dix dernières années”, signale Bouaziz. Et il y avait eu un premier document de demandes de réformes, en 1931, puis le Plan de réformes de 1934. Seuls les spécialistes connaissent ces détails
Pour tout le monde, celui qui reste c’est celui de l’Istiqlal, celui du 11 janvier 44. Bouaziz confirme les doutes: “C’est vrai que ni les formes, ni les étapes de cette libération ne sont claires, mais cela n’empêche pas d’entreprendre une pratique politique pleine d’innovations”, à propos du “mouvement national” (plus large que “nationaliste”) des années 30. Rendez-vous au 100e anniversaire pour une autre histoire peut-être, qui sait  ?
M arrakech, octobre 1943. Thami El Glaoui Pacha de Marrakech reçoit une délégation de l’Istiqlal, emmenée par Ahmed Balafrej, venue demander son soutien pour le manifeste de l’indépendance.
Glaoui : Quelles forces étrangères vous soutiennent ?
Istiqlal : Aucune. Nous sommes des nationalistes.
Glaoui : Quelles armes avez-vous en votre possession pour forcer la France à partir ?
Istiqlal : L’arme politique.
Glaoui : Hmm… vous n’avez plus qu’à réciter la fatiha".( priere musulmane )
L'autre manifeste :
Le parti de la Choura et de l’Istiqlal, mené par Ouazzani, issu du Comité d’action marocain (comme le Parti de l’Istiqlal), a, lui aussi, présenté un manifeste au Souverain, deux jours après celui de l’Istiqlal. Et l’on n’en parle que ces dix dernières années, rapporte un historien… La réhabilitation prend décidément du temps.
En fait, le manifeste du Parti de l’Istiqlal lui a été soumis. Mais les deux protagonistes ne se sont pas mis d’accord. Il y a eu négociation entre les anciens membres du Parti national (les “amis de Allal Fassi”) et les anciens de la Haraka Qaoumya (premier parti de Ouazzani). Allal Fassi était en exil au Gabon et Ouazzani était en résidence surveillée dans le sud du Maroc, à Idzer. L’intention des deux groupes était de présenter un manifeste commun. Mais échec des négociations.Apparemment pour des raisons de formules et classement des signatures! C’est-à-dire que les dignitaires débattaient jusque sur la hiérarchie des signatures de chacun sur ce manifeste
Cela n’avait pas peu contribué à rehausser le prestige du Sultan auprès de l’opinion publique et du mouvement nationaliste incarné par l’Istiqlal pour lequel le prince héritier Moulay Hassan, futur Hassan II, ne cachait pas ses sympathies.
9 Avril, 1947
Voyage de sa  Majesté sidi Mohammed ben Youssef à Tanger où il donna un discours historique à la Nation incitant le peuple à plus de nationalisme et de résistance à  l'occupation étrangère .
Ainsi, le voyage à Tanger est intervenu dans un contexte historique particulier de l’action de lutte politique pour faire face à l’isolement et à la tutelle imposes par les autorités du protectorat au Maroc par rapport au monde extérieur, et à la politique de division des Marocains à l’intérieur. Il a signifié l’attachement à l’unité du territoire nationale, le refus d’accepter le morcellement de la souveraineté entre la zone sous protectorat espagnol ou la région au statut international, car l’objectif visé était de maintenir le contact avec toutes les catégories de son peuple uni, de pouvoir s’adresser à lui et de s’enquérir de sa situation, outre le fait que le séjour du Sultan  dans la ville de Tanger- qui était alors une zone internationale - signifiait que la ville est partie intégrante du territoire du Royaume du Maroc .
Sa visite lui permettait également de s’adresser aux représentants des Etats associés à l’administration de la ville, de porter sa voie à l’opinion internationale et ce, à un moment où les questions se rapportant aux nations non indépendantes bénéficiaient de l’intérêt de la communauté internationale.
Sa Majesté Sidi Mohamed va prendre une position directe en faveur du parti nationaliste, l’Istiqlal dès la fin de la seconde guerre mondiale. Face à lui, à la limite de la rébellion, la majorité des notables traditionnels rassemblés derrière le pacha de Marrakech El-Glaoui demandent le maintien du Protectorat. Les deux fractions s’opposent, leurs manifestations tournent parfois à l’émeute. Face à cette situation, le gouvernement français tergiverse et l’ONU prend fait et cause pour le Sultan contre la France. À Marrakech, les Pachas et les 20 caïds réunis le 18 mars 1953 se révoltent et décident de rédiger une pétition allant dans le sens de ne plus reconnaître Sidi Mohammed comme chef religieux. l'accusant de mener le pays vers le chaos et de s'allier avec des partis politique illigitimes
Le 1er juin 1953 : Le Sultan Mohammed Ben Youssef demande à la France de mettre un terme à cette dissidence manigancée et organisée par des Pachas et caïds collaborateurs du lobby des Colons.à leur tète le controleur civil de casablanca Boniface
Le 11 aout 1953 : le ministre français des Affaires étrangères, Georges Bidault, adresse un message au Général Guillaume pour lui demander de calmer El Glaoui 
Le 13 aout 1953 : La France demande au Sultan, sous la menace de le déposer, de renoncer à la majorité de ses droits politiques.          
Le 16 aout 1953 :  Manifestations contre l’occupant , réprimées dans le sang, à Marrakech, Fès, Casablanca, Rabat, Salé, Meknès et Oujda. et pour le retour de Sa Majesté le Sultan  Mohamed Ben Youssef
20 Août  1953
Exil du sultan sidi mohamed ben youssef et de la famille Royale à Madagascar. Début de la  "Révolution du Roi et du Peuple".
 

La population bloqua la cérémonie d’Aid el-Kebir contre l’Imam que les Français voulaient imposer à travers Ben Arafa. Les Marocains l’ont accueilli comme « Sultan des Français

Le transfert et l'exil à Madagascar :
En même temps que lui était remise une lettre du Président Laniel, Sidi Mohammed Ben Youssef était informé, à l’Ile Rousse, le 24 janvier 1954 , de la décision prise par le Gouvernement Français de le transporter dès le lendemain avec ses deux fils vers Madagascar. Sidi Mohammed n'avait pas dissimulé son immense déception.
A la nouvelle de l’arrivée du Comte Clauzel à l’hôtel Napoléon Bonaparte, l’ancien Sultan avait espéré que le représentant du Ministère des Affaires Étrangères lui annoncerait l’autorisation de s’installer en France continentale avec sa famille, moyennant certains engagements de caractère politique.
Bien qu’il considérât arbitraire et illégal le régime, à ses yeux provisoire, auquel il était soumis en Corse, il avait, dit-il, pris son mal en patience et il n’avait appelé qu'avec discrétion l’attention du Département sur la nécessité de régulariser sa situation. Comprenant le problème que son cas posait au gouvernement, il voulait éviter tout ce qui pouvait en compromettre une solution favorable.
Devant la décision de l’éloigner jusqu’à un territoire de l’hémisphère austral, Sidi Mohammed avait montré une extrême déconvenue. Il avait protesté de l’injustice de la mesure qui le frappait et du caractère « inhumain » d’une décision en vertu de laquelle sa famille était transportée d’un point à un autre du globe « comme du simple bétail ».
Il avait rappelé les dispositions dont il était animé à son arrivée en Corse alors qu’il envisageait à brève échéance, pour sortir de l’arbitraire, la conclusion entre lui-même et le Gouvernement Français d’un protocole en vertu duquel il aurait été autorisé à mener en France une vie décente, entouré de sa famille.
Le Gouvernement Français s’était inexplicablement laissé gagner de vitesse par Franco lors des événements dont la zone espagnole de l'Empire Chérifien venait d'être le théâtre, et il était profondément injuste à son avis, de l'en tenir responsable et d’y trouver motif à une aggravation de son sort. « L’enverrait-on au pôle sud la prochaine fois que la France aurait à se plaindre de l’Espagne »?
Comme le rapportait M.Clauzel à qui l'on avait confié la délicate mission d'accompagner l'ancien Sultan à Madagascar, après un sursaut d’indignation, Sidi Mohammed Ben Youssef se résignait et se penchait avec fatalisme sur les détails matériels de l’organisation de son départ.
Les explications qui lui furent alors données n'étaient pas de nature à le rassurer.
La mise sous séquestre de ses biens laissés au Maroc, l’inscription à son passif des frais de son séjour en Corse, la perspective de se voir infligé dans l’autre hémisphère des dépenses ruineuses, achevèrent d’accabler l’ancien Sultan.
Sidi Mohammed Ben Youssef, vêtu d’une djellaba grise, prostré, mal rasé, paraissait sensiblement plus que les 44 ans de son âge.
S.A. Le Prince Moulay Hassan qui souffrait d’une forte angine était moins émotif que son Auguste Père. Il analysait sous l’angle juridique les conditions matérielles et morales faites à Son Auguste Père. La Princesse Lalla Aïcha faisait preuve du même cran que son frère aîné . Pour aller à Madagascar, il était nécessaire de scinder en deux l'ensemble de la famille. Sidi Mohammed, ses deux fils et au total douze personnes partirent dans un premier voyage.
L’ancien Sultan manifestait une grande appréhension à laisser une partie des siens en Corse ; il demanda avec insistance si le reste de sa famille le rejoindrait sans faute et si la séparation serait brève. Après avoir longuement réfléchi, il décida que sa seconde épouse, enceinte de sept mois, partirait en même temps que lui. La mère des Princes, ses filles et le reste de la suite feraient partie du deuxième voyage.
Avant que cette décision ne soit prise, le Comte Clauzel avait bien spécifié à l’ancien Sultan que l’ordre de transfert à Madagascar ne concernait que lui-même et ses deux fils. S'il avait désiré que l'une ou plusieurs de ses filles se rendissent en France pour y continuer leurs études, il était libre de le décider et il pouvait être assuré que ses filles ne seraient pas conduites malgré elles au Maroc ou remises à la nouvelle famille régnante.
Par la suite et jusqu’au moment où M. Clauzel prit congé de lui à Madagascar, l’ancien Sultan se montra inquiet, malgré les apaisements qui lui étaient donnés, du sort de celles qu’il avait laissées en Corse. En fait, Paris prenait rapidement les dispositions nécessaires et les dix-huit autres membres rejoignaient Sidi Mohammed à Madagascar dix jours seulement après qu’il y fût arrivé lui-même. Le premier voyage s’était effectué sans incident notable. La deuxième épouse du souverain avait très bien supporté le voyage.
La défaillance au-dessus du Sahara d’un moteur du Skymaster de la Présidence du Conseil avait obligé tous les passagers à faire, à bord d’un avion d’Air-France, le trajet Fort Lamy-Brazzaville et à demeurer trois jours dans la capitale équatoriale française avant de poursuivre la route vers Madagascar.
Antsirabé était une petite ville des hauts plateaux malgaches comptant 15.000 habitants dont un millier d’européens. Située à 1400 mètres d’altitude, la campagne qui l’entourait rappelait celle du centre de la France par le climat, par le paysage et aussi par la végétation à condition de substituer les rizières aux champs de blé.
Avec son établissement thermal, son lac, ses villas pour familles modestes et peu nombreuses, cette ville, transposée dans l’hémisphère austral, représentait la parfaite villégiature française pour retraités. D’une manière générale les conditions de séjour de la Famille Royale pouvaient sembler idéales à condition que l’on fît abstraction du lieu d’accueil ...qui n’était autre qu’un camp militaire.
Le Haut-Commissariat de la République Française avait prévu l’installation provisoire de Sidi Mohammed et de sa suite dans le seul immeuble suffisamment spacieux de la station thermale d’Antsirabé, à 170 Kms de Tananarive.
Il s’agissait du Centre d’Accueil Militaire. Un grand hôtel, malheureusement délabré depuis de nombreuses années, se trouvait à proximité. Il fut convenu qu’une installation dans une aile aménagée de cet hôtel constituerait la solution la meilleure.
La modernisation de l’hôtel Thermal d’Antsirabé avait été décidée avant qu’il ne fût question du séjour de Sidi Mohammed à Madagascar et les crédits nécessaires avaient été inscrits au budget du territoire. Dans ces conditions, l’installation de l’ancien Sultan posait moins de problèmes financiers que s’il avait fallu résoudre la question du logement des trente personnes de sa suite en l’obligeant à se rendre acquéreur, à son corps défendant, d’une propriété à Madagascar.
Les travaux allaient durer environ un mois. L’ancien Sultan ne put donc s'y transporter que dans le courant de mars.
Arrivé depuis cinq jours seulement dans cette paisible ville d’eaux, Sidi Mohammed semblait reprendre intérêt à l’existence, il s’occupait des détails de sa prochaine installation, il visitait les environs, accompagné des membres de sa famille, bien que ce fût en France que ce touriste, malgré lui condamné à l’exil, entretenait toujours l’espérance de voir l’aboutissement de ses voyages.
Du point de vue de l’ordre public et de la sécurité, le Haut- Commissaire et le Directeur de la sûreté avaient été formels : la présence de l’ancien Sultan ne soulevait aucune difficulté sur le plan politique ; l’île était calme ; à la première agitation les autorités auraient demandé aussitôt l’éloignement de leur hôte.
Quant à Sidi Mohammed, qui craignait de se voir transporter dans une possession plus lointaine encore, il avait exprimé le désir de pouvoir rester à Madagascar. En tout état de cause, l’état de santé de sa jeune épouse, qui attendait un enfant dans deux mois, ne permettait pas un prochain voyage.
Sidi Mohammed envisageait de la manière suivante la question des dépenses nécessaires à son entretien et à celui de sa famille depuis qu’il avait quitté le Maroc : En principe les dépenses de logement et de nourriture dans toute résidence qui lui avait été imposée, que ce soit en Corse ou ailleurs, devaient être à la charge du Gouvernement Français dont il était l’hôte. Il en eût été différemment s’il avait pu, comme il l’avait souhaité, s’installer en France à la suite d’un accord intervenu entre lui-même et le Gouvernement. C'est ainsi que n’ayant pas eu connaissance au préalable de l’arrangement financier conclu avec l’hôtel du Mouflon d’Or à Zonza, ou avec l’hôtel Napoléon Bonaparte, à l’Ile Rousse, il en déclinait toute responsabilité.
A Madagascar ses dépenses de logement et de nourriture devaient être également à la charge du Gouvernement Français. « S’il était placé devant un fait accompli » il demandait que l’arrangement à conclure avec l’hôtel des Thermes d’Antsirabé lui soit soumis et que toute dépense soit approuvée par lui.
Il ne voulait pas que ses frais de séjour soient réglés directement par l’administrateur-séquestre de ses biens. Il souhaitait recevoir tous les mois la somme nécessaire pour lui permettre de les régler lui-même.
Sur le plan familial, l’ex-Sultan avait émis le souhait de pouvoir accueillir son frère, Moulay Hassan, khalifa impérial de Tiznit, si ce dernier était d’accord pour quitter le Maroc et le rejoindre. 
20 Aout 1953 / 16 Novembre 1955  : Règne de Mohamed Ben Arafa , cousin des Sultans  moulay Abdelaziz , Moulay Hafid et de Moulay Youssef , imposè par les français  ( voir 1953 / 1955 )
16 Novembre 1955
Retour d'exil de Sa Majesté  le sultan sidi mohamed et de la famille Royale.
2 Mars 1956 
  Signature à  "Celle-Saint Cloud" des accords reconnaissant l' Indépendance du Royaume du  Maroc.
 Sidi Mohamed ben Youssef est proclamè Roi du Maroc sous le nom de Mohamed V
7 Avril  1956
Signature des accords avec l'Espagne, mettant fin au protectorat espagnol des provinces Nord marocaines.
22 Avril 1956
Le Maroc devint membre de l'Organisation des Nations Unies.
1958
Récupération de la  Province de Tarfaya (sous réglementation Espagnol).
26 Février  1961 
  Décès de Sa Majesté Mohammed V..  Aucun roi n'a ètè aimè comme lui par les marocains.
     

Le Roi Mohammed V était titulaire de nombreuses décorations. Parmi celles-ci :
• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 29 juin 1945

Le Maroc moderne pouvait démarrer. La France n'aura pas conquis le Maroc, mais l'aura simplement unifié au prix de lourds sacrifices, pour le compte de son sultan. Pour la première fois de son histoire, le Maroc devient une nation avec des frontières reconnues. C'était le plus beau cadeau qu'elle pouvait lui faire.



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